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Appel à contribution (Revue)


Appel à contribution n°7

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Lieu : Centre universitaire d'Ain Témouchent / Algérie

Echéances:


Date limite pour soumettre une proposition : mardi 20 octobre 2020
L'événement aura lieu à partir de : mardi 20 octobre 2020
Responsable scientifique:Benselim Abdelkrim



Le malaise de la recherche scientifique en Afrique et dans le monde arabe : Quelles raisons et quelles remédiations ?‎


Numéro thématique coordonné par Halima BOUARI, Hafida KASMI et Abdelkrim BENSELIM ‎

La recherche scientifique est étroitement liée à la prise de conscience sociale de ‎l’intérêt économique et politique du progrès scientifique. Son essor et son installation ‎comme institution sociale de développement économique sont assujettis au regard que ‎portent les pouvoirs publics aux chercheurs et à la politique de recherche desdits pays.‎
Pour instituer la recherche et l’intégrer dans le circuit économique, un cadre juridique, ‎une politique et des stratégies doivent définir ses espaces d’interactions et les acteurs ‎avec lesquels cette recherche interagit, car le chercheur « a besoin de tout un espace ‎politique, social et juridique qui lui garantit son plein épanouissement » (Thiombiano, ‎‎1990). Il a également besoin d’évoluer, de planifier et de s’investir dans le long terme.‎
À titre d’exemple, en Algérie, les recensements du CNER ‎ pour l’année 2018, affirment ‎que le nombre de recherches en sciences humaines et sociales est appréciable ; les ‎diplômes délivrés représentent un nombre très important ; les colloques et les ‎publications scientifiques qui font l’éloge de certaines universités sont divers et ‎multiples. Dans le domaine des sciences dites dures, la quantité de travaux de recherche ‎est aussi impressionnante, le nombre de diplômes délivrés dans toutes les spécialités est ‎important. Mais ne s’intéresser qu’aux chiffres en mettant en exergue des statistiques ‎‎« encourageantes », sans se soucier du volet qualitatif et de l’activité intellectuelle ‎proprement dite serait une erreur stratégique dont les conséquences sont déjà ‎manifestes sur l’état de la recherche scientifique. Ne pas interroger les travaux réalisés ‎sur leur impact socio-économique, sur leur véritable contribution à l’amélioration des ‎conditions de vie de la population serait un non-sens qui accélèrerait le dépérissement ‎de l’université. ‎
En Afrique et dans le monde arabe, le domaine de la recherche n’est pas souvent perçu ‎comme directement contributeur au développement économique, et l’activité de ‎recherche se voit reléguée au rang d’activité secondaire vers laquelle on ne se retourne ‎que d’une manière ponctuelle ou circonstancielle. Cela expliquerait que de nos jours - ‎bien que le champ de « la culture intellectuelle » (Bachelard, 1938) soit fertile avec ses ‎mutations et ses innovations, l’intérêt que porte le chercheur à la recherche scientifique ‎sérieuse demeure timide voire même quasi absent ! ‎
Cet état de fait expliquerait la migration des chercheurs africains et ceux du monde ‎arabe vers d’autres cieux à la quête de plus de visibilité en vue d’explorer de meilleures ‎possibilités pour la mise à contribution de leurs savoirs et de leurs savoir-faire. « Là-‎bas », ils trouveront les conditions de leur épanouissement et « [jouiront] davantage de ‎considération et de respect et où [ils] pourront trouver de meilleures conditions pour ‎leur exercice et leur développement » (Niang, 2003). Les instances politiques africaines ‎et arabes en semblent fort conscientes, mais elles minimisent les enjeux stratégiques de ‎la recherche la condamnant à l’oubli alors que dans les pays d’accueil, ces mêmes ‎chercheurs constitueront un moyen important de développement. C’est pourquoi il est ‎temps de réfléchir à cette problématique qui influe sur nos chercheurs et sur le ‎fonctionnement de nos universités.‎
Les chercheurs, les jeunes docteurs et doctorants doivent faire preuve de plus de ‎vigilance épistémologique puisque leurs recherches visent « à produire des connaissances ‎dans des formes et des normes reconnues par la communauté scientifique régissant le ‎domaine concerné » (Reuter, 2004).Ce qui nous mène à nous interroger sur l’existence ‎ou non de ces formes et de ces normes dans la recherche universitaire africaine et arabe ‎et sur le malaise ambiant qui l’entoure. À l’intérieur des universités, les instances ‎scientifiques ont pour mission de veiller à la conformité des travaux réalisés avec les ‎normes universelles en vue de créer d’une manière indubitable un climat qui favorise la ‎recherche et la valorise tout à la fois. Elles doivent également s’assurer de l’utilité ‎économique et sociale de ces travaux et leur impact sur l’environnement immédiat de ‎l’université. Cela permet au chercheur de prendre conscience de sa responsabilité dans ‎le monde qu’il est en train de transformer via ses productions scientifiques, ses ‎inventions et d’inscrire ses activités - qui impliquent la réflexion, l’analyse et la ‎critique- parmi les autres activités humaines. Toutefois, nous sommes en droit de nous ‎demander si à l’intérieur des universités africaines et arabes, les normes citées plus ‎haut sont appliquées et si les instances scientifiques remplissent leurs missions. Sinon ‎comment expliquer qu’après les soutenances des thèses, un grand nombre de chercheurs ‎rompent avec la recherche, que des doctorants abandonnent à mi-chemin ? Comment ‎expliquer que des chercheurs de rang magistral ne produisent pas de savoir ?‎
D’un autre côté, le classement de ces universités à l’échelle internationale laisse ‎apparaître un déphasage entre elles et le reste des universités du monde. Cela renseigne ‎sur la nécessité de revoir tous les programmes, de les actualiser, de reconsidérer les ‎typologies des formations proposées en fonction de leurs apports économiques et ‎scientifiques et de revoir les politiques de recherches en les mettant en relation avec les ‎secteurs socio-économique, scientifique et technologique. Les publications scientifiques, ‎par exemple, se doivent d’être au cœur des réalités économiques et sociales du monde ‎qui les entoure. C’est pourquoi, une remise en question est nécessaire pour mettre en ‎place une « Kulturnation » (Kant, 1798). Nous attendons des contributions de ce numéro ‎de nous éclairer sur le malaise dans lequel baigne l’université, sur les obstacles qu’elle ‎affronte et les défis auxquels elle doit faire face au XXIe siècle, tout comme c’est ‎l’occasion pour nous d’ouvrir un débat sur l’état de la recherche, sur ses répercussions ‎économiques et sociales sur les sociétés africaine et arabe. De la même manière, nous ‎interrogerons les programmes, les types de formations dispensées, la formation des ‎formateurs, la formation continue et leurs implications sur la qualité de la recherche. À ‎cet effet et pour répondre aux questionnements cités plus haut, nous proposons les axes ‎de réflexion suivants :‎
‎1.‎ La mainmise de l’administration sur la pédagogie, la recherche ainsi que les ‎laboratoires (et corollairement la minorisation des conseils scientifiques et ‎autres instances pédagogiques) se répercute sur l’esprit d’initiative, sur la ‎création et le bon fonctionnement de l’université. Sous ces conditions, quelle ‎politique pour l’université de demain ?‎
‎2.‎ Que faire pour transformer l’université en un espace de production des savoirs et ‎savoir-faire ?‎
‎3.‎ Les laboratoires sont souvent des entités sans objets scientifiques et sans vision à ‎long terme. Comment en faire alors des espaces d’innovation et de production ‎scientifique réelle ?‎
‎4.‎ Pourrait-on exiger de la recherche des résultats si l’activité pédagogique est mal ‎prise en charge ? ‎
‎5.‎ Comment permettre la progression continue des enseignants-chercheurs et que ‎faire pour entretenir leur motivation ?‎
‎6.‎ Pourquoi l’éthique ne gouverne-t-elle plus l’université et pourquoi la déontologie ‎se résume-t-elle à un recueil de lois sans effet sur la gestion ? ‎
‎7.‎ Le plagiat est devenu un phénomène qui menace les assises et les fondements de ‎l’université. Pourquoi a-t-il pris une telle ampleur et pourquoi un chercheur ‎recourt-il au plagiat ?‎
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Sources bibliographiques
BACHELARD G. 1938. La formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la ‎connaissance objective. Paris. Vrin.‎
Conseil National d’Évaluation de la Recherche. (23 Décembre 2017). « États des Lieux de la Recherche ‎Scientifique et Le programme de la DGRSTD pour l’année 2018 ». Disponible ‎sur http://www.dgrsdt.dz/DG/Etat-Lieux-RS-programme-DGRSDT-2018.pdf‎
KANT E. 1798. [1955]. Le conflit des Facultés (trad. fr. par J. Gibelin). Paris. Vrin. ‎
NIANG A. 2003. « Les cerveaux fuient pour sauver la recherche », in Walf Fadjri : www.refer.sn
REUTER Y. « Analyser les problèmes de l’écriture de recherche en formation » in Pratiques: linguistique, ‎littérature, didactique, n°121-122. Normes et pratiques de l'écrit dans le supérieur. pp. 9-27; ‎disponible sur://www.persee.fr/doc/prati_0338-2389_2004_num_121_1_2029‎
THIOMBIANO T. 1990. « Les conséquences d'une absence de libertés académiques sur la formation et la ‎recherche scientifique », in Symposium sur liberté académique, Recherche et Responsabilité sociale de ‎l'intellectuel en Afrique Dakar, CODESRIA. Disponible sur https://www. ‎memoireonline.com/07/08/1365/m_Identification-des-contraintes-et-strategies-des-structures-de-‎recherche-face-a-la-pro2.html


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Modalités de soumission
Les contributions à ce numéro seront soumises via la plateforme ASJP (Algerian Scientific Journal ‎Platform, le portail des revues scientifiques algériennes https://www.asjp.cerist.dz/).‎
Pour cela, et avant la soumission, il est nécessaire de :‎
‎- créer un compte : https://www.asjp.cerist.dz/en/login ‎
‎- de sélectionner la Revue algérienne des lettres sur ce lien :‎
https://www.asjp.cerist.dz/en/PresentationRevue/523‎
‎- puis cliquer sur la rubrique « soumission d’article ».‎
Les articles doivent être rédigés selon le template téléchargeable sur la page de la revue à la rubrique ‎‎« Instructions aux auteurs ».‎


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